ITW n°104: Alexia – Teton Tatoo project.

Hello,

aujourd’hui je vous présente, Alexia, 40 ans, généreuse, talentueuse, tatoo addict et pleine de belles idées (très utiles), alors voilà pour le résumé, mais Alexia, c’est aussi une super maman qui a décidé de transformer une épreuve “prendre conscience que la vie est trop précieuse pour la laisser nous filer entre les doigts et que mon engagement professionnel et personnel devaient se rééquilibrer” après ce qu’elle avait traversé, dans sa vie personnelle et aux contacts des K fighters dans sa vie professionnelle, après plein de magie, son projet est né “The Téton Tatou project”, que je vous invite à découvrir et à soutenir par ici ! 

Pour que cette belle idée pour les K fighteuses du sein puisse voir le jour, elle va avoir besoin de nous et il ne reste que 15 jours ! Together Stronger !

et bien sur découvrez la belle Alexia ci dessous pour en savoir plus sur cette inspirante Warrior à l’histoire singulière

très belle découverte

Commençons

Qui es tu ?

Prénom: Alexia

Age : 40 ans

Profession : Tatoueuse de tétons !

Tu as décidé de créer The Tétons Tattoo Project, comment est née cette belle idée ?

Après 15 années dans le développement de nouveaux médicaments contre le cancer, et après avoir parcouru la planète pour mon très prenant travail, la leucémie de ma plus jeune fille alors âgée de 10 mois m’a obligée à revoir mes priorités… J’ai eu envie de me consacrer de plus près aux patients atteints de cancer et aussi à me rapprocher des miens.

Je suis tombée un jour sur une vidéo du tatoueur de Baltimore Vinnie Myers et j’ai eu envie de suivre son modèle. Il redonne aux femmes après une mastectomie (ablation du sein suite à un cancer) un mamelon et une aréole incroyablement réalistes par une technique de tatouage en 3D. A mon grand étonnement, personne en France à part quelques rares tatoueurs, n’avait saisi ce projet à bras le corps. Les patientes étaient parfois déçues de l’aspect final de leur sein reconstruit et il y avait quelque chose à faire pour les aider…

J’ai donc quitté mon job de responsable médicale en oncologie, repris mes crayons et mon carnet à dessins et je suis allée voir un tatoueur qui a accepté de me former au tatouage traditionnel et j’ai commencé à établir les bases du projet. Je me suis formée également à la dermopigmentation réparatrice mais l’utilisation de pigments semi-permanents ne me donnait pas satisfaction sur le rendu que je voulais plus réaliste et durable. J’ai donc cherché à me former auprès de Vinnie mais il ne pouvait pas le faire sur un temps court. Et je suis tombée sur Stacie-Rae Weir, une tatoueuse canadienne, qui a développé une technique de reconstruction par tatouage en 3D suite à sa propre mastectomie prophylactique. Je suis allée me former auprès d’elle au Texas et ai pu démarrer cette aventure à mon retour en France ! C’est une personne extraordinaire et j’ai beaucoup de chance de l’avoir rencontrée, elle m’inspire chaque jour et est ravie de voir sa technique débarquer en Europe pour la première fois !

Je me dédie maintenant uniquement à ce type de tatouage et reçois des patientes de toute la France (et même de Belgique !) au sein d’une maison médicale qui m’accueille une fois par semaine. J’espère m’installer dans un local dédié à plein temps cet été si tout va bien !

 

Tu es seule dans ton projet ?

Oui, et non ! Je suis seule à tatouer avec cette technique mais je suis accompagnée par une structure qui m’aide à mettre ce projet sur pieds, la couveuse Rives de Seine. Et je travaille en collaboration avec des chirurgiens de Gustave Roussy, qui ont cru en mon projet et le soutiennent depuis le départ. Ils me forment aux techniques de reconstruction afin que je puisse aborder au mieux les cas des patientes qui viennent me consulter, et cette collaboration est très précieuse pour moi car elle me donne les connaissances nécessaires pour conseiller les patientes en fonction de la chirurgie qu’elles ont eue. Nous réfléchissons ensemble à la meilleure façon de combiner nos techniques pour donner le meilleur résultat possible aux patientes et leur permettre d’accepter leur sein reconstruit. Cette technique de tatouage donne un résultat esthétiquement proche de la réalité (trompe-l’œil ou 3D), personnalisé à l’apparence de chaque patiente et surtout définitif, comme un tatouage classique. Les reconstructions ont parfois été source d’insatisfaction des patientes qui trouvaient le résultat uniforme dans le cas d’un greffon et peu ressemblant au sein restant, ou pour celles qui avaient eu un tatouage médical, celui-ci s’effaçant dans les 2 à 4 ans elles n’avaient pas envie de le refaire… Les chirurgiens voient en ce geste une alternative satisfaisante et esthétique, et moins intrusive qu’une greffe mamelonnaire, et l’accueillent avec enthousiasme !

Et puis j’ai aussi mes collègues tatoueurs qui m’ont appris le métier pour me conseiller et mes copines tatoueuses américaines avec qui on se conseille sur nos patientes, pour leur donner le meilleur !

 

Si vous êtes plusieurs, comment avez vous réparti les taches ?

Au sein du consortium de tatoueuses formées à la technique de Stacie-Rae Weir (Areola Restorative Tattoo), je suis la « scientifique » du groupe, je suis un peu le lien avec le milieu médical qui était jusqu’alors un peu dubitatif mais qui finalement reconnaît les apports de cette technique pour les patientes. J’adore dessiner depuis toujours et fais une affaire personnelle de dessiner autant de tétons que possible ! 😊 Certains de mes « petits » vont devenir des tatouages temporaires que les patientes vont pouvoir essayer avant un tatouage définitif ! On se contacte régulièrement pour partager nos questions, nos expériences, nos hésitations, et on se motive pour faire connaître cette alternative, déjà utilisée depuis des années aux Etats-Unis mais encore très peu chez nous.

 

Toi même n’ayant pas combattu le K , comment as tu trouvé l’idée et la générosité d’accompagner les fighteuses ?

Avoir travaillé auprès des patients pendant près de 4 ans dans des services d’oncologie a été la plus belle et enrichissante expérience professionnelle que j’aie eue. Certes cela a parfois été difficile mais j’ai toujours reçu énormément auprès d’eux et auprès des soignants.

Le fait d’être touchée par le cancer en tant que maman alors que ma fille était un bébé de 10 mois m’a fait prendre conscience que la vie est trop précieuse pour la laisser nous filer entre les doigts et que mon engagement professionnel et personnel devaient se rééquilibrer.

C’est tout naturellement que je me suis détachée de mon ancienne vie pour embrasser cette nouvelle carrière et je ne le regrette en aucun cas…

Ce projet m’a permis de conjuguer toutes mes passions : le dessin, le domaine de l’oncologie, le rapport à autrui et le tatouage, qui pour moi a été aussi une grande source de réconfort dans les moments difficiles (d’ailleurs je crois que mon histoire est largement racontée sur ma peau aujourd’hui !)… en fait c’est un magnifique cercle vertueux car je n’ai pas l’impression de travailler tellement ce que je fais me passionne et qu’en retour, je reçois tellement d’émotions auprès de ces femmes qui retrouvent confiance en elles !

 

Peux tu nous en dire plus sur ton projet :

Ce projet vise avant tout à réconcilier les femmes avec leur image, je les amène à retrouver en quelques heures une certaine acceptation de ce nouveau corps, en les amenant à le voir comme un tout, certes différent de ce qu’elles ont connu, mais pleinement le leur, et je les amène à d’abord regarder et aimer ce que le miroir leur renvoie. Après parfois des années de déni, elles retrouvent la sensation d’être à nouveau « complètes » par ce simple geste, et je leur donne la capacité de choisir ensemble, pour la première fois dans le processus de la reconstruction, la forme, la couleur, la texture de ce nouveau sein. Elles se sentent investies et apprécient d’être intégrées dans le processus… L’émotion au moment où elles se regardent dans le miroir après le tatouage est indescriptible… C’est un projet profondément humain, où l’art est au centre d’un vrai travail d’acceptation de soi et de lâcher prise. Le regard que l’on porte sur soi plutôt que le regard des autres et la bienveillance sont essentiels. Le dialogue aussi !

Pourquoi est née cette idée, de quel constat :

Après avoir vu la vidéo de Vinnie Myers ce projet a pour moi été une évidence ; et quand j’ai constaté que rien ou presque n’était fait pour les patientes en France j’ai eu envie de faire bouger les choses… c’est devenu obsessionnel au point que j’ai tout lâché pour y parvenir, passant presque une année sans revenus et en investissant beaucoup d’énergie, de temps et de moyens pour un projet que beaucoup trouvaient bizarre ou fou, au regard de ma carrière passée !

Peux-tu nous livrer quelques ressentis lors de tes prestations, vois-tu un changement chez les fighteuses ?

Quand les patientes arrivent pour me voir, elles ont un rapport très distant avec leur poitrine : elles ne la regardent pas, se déshabillent machinalement comme si elles étaient dépossédées de cette partie de leur corps, se cachent avec leurs bras ou sont gênées… Après le tatouage, outre les sourires et les larmes de joie et d’émotion mêlées, je vois leur regard sur elles changer ; elles se regardent dans le miroir, se projettent, se retrouvent… Et je me sens aussi heureuses qu’elles de ce que tout ça signifie pour la suite de leur vie ! J’ai conscience de l’importance de ce geste pour elles, et de la responsabilité qu’on doit prendre pour ce genre de prestation. Nous ne vivons pas qu’un simple encrage, nous fermons en quelque sorte une parenthèse douloureuse du parcours de la reconstruction pour laisser la place à de belles choses à venir pour elles !

C’est pour qu’elles puissent vivre ces instants pleinement que je veux pouvoir les recevoir dans un lieu adapté, chaleureux et convivial, confidentiel et un peu cocon… et que je veux éviter le cadre hospitalier dont souvent elles sont lassées !

Où peut-on te trouver ?

J’exerce en région parisienne à une vingtaine de minutes de Roissy CDG, dans une maison médicale qui a accepté d’accueillir mon activité une fois par semaine les mardi (Maison Médicale du Serval, La Chapelle-en-Serval). Je fais partie d’une équipe bienveillante et très professionnelle qui m’a accueillie à bras ouverts !

 

Quelles sont tes idées pour la suite ?

Je souhaite pouvoir recevoir à temps plein les patientes dans une structure adaptée et cela fait l’objet d’une campagne de financement participatif Kiss Kiss Bank Bank, car un local paramédical, un cabinet d’esthétique ou un salon de tatouage ne sont pour moi pas le lieu idéal pour cette étape cruciale de la reconstruction après un cancer du sein.

Une fois ce lieu installé, j’aimerais pouvoir travailler à la reconnaissance de cette technique comme une vraie alternative dans la reconstruction et essayer d’obtenir une prise en charge même partielle, de cet acte, qui est remboursé en milieu hospitalier.

Je travaille aussi à la formation du corps médical et plus particulièrement les chirurgiens pour qu’ils proposent cette alternative à leurs patientes dans certains cas.

Enfin je souhaite pouvoir former d’autres tatoueurs ou tatoueuses motivés à cette technique pour qu’elle profite à plus de patientes… 20 000 femmes par an sont concernées par une mastectomie en France !

Je continue en parallèle mon activité de rédactrice médicale en freelance en oncologie pour garder un œil sur les innovations thérapeutiques et ne pas perdre le contact avec les experts en oncologie que j’admire et avec lesquels j’adore travailler !

 

Les liens pour te suivre (site / réseaux sociaux):

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Instagram, ici 

Twitter, ici 

Mon site web , par là ! 

 

Champ libre (que souhaitez-vous ajouter qui ne se trouverait pas dans mes questions):

Si vous voulez soutenir / contribuer / partager à mon projet, sur Kiss Kiss Bank Bank cliquez ici ! 

et pour en savoir plus regardez cette vidéo de présentation !

 

1 réponse
  1. marion
    marion dit :

    Wahou! que dire de plus que merci 🙂 tatouée et opérée, c’est avec beaucoup d’émotion que j’ai découvert votre projet auquel je viens de participer.

    Répondre

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