Post 25: Accepter son nouveau Moi …

Hello,

C’est mon mois d’exams (le stress des exams recommence voir ici), le mois de la frousse, de la colère et de la virulence contre moi. Attention ça va swinguer !

La sincérité absolue est mon credo 🙂 oh yeah !

Je n’ai plus le temps de perdre mon temps !

Je dois sortir de l’isolement forcé de l’après K , et y a du boulot (bon en fait à force de me lire, y a tout le temps du boulot ahah) 😉

Ecrire sa nouvelle histoire, son nouveau conte de fée …. j’en ai déjà un peu parlé (ici), mais l’acceptation de qui on est après Mister K c’est long , c’est même douloureux . Donc c’est pas fini, je vais encore vous bassiner avec mes tirades interminables, de vidage de saK !

Je crois que seuls les K fighters connaissent ce sentiment de vide qui nous submerge après la bataille.

Je passe par plusieurs états, l’excitation d’aller “toujours plus loin, plus fort, plus vite, jusqu’au bout de l’extrême limite” (vous noterez mes références de grande richesse culturelle, génération 90 oblige : @ crédit / série Etreme Limite, j’ai peur de rien), mais quand je vais trop loin au coeur de l’action c’est pas toujours mon Bonheur ni ma passion, à l’horizon, parce que je suis encore tellement en colère, à vif & fragilisée mentalement ! C’est pourtant pas faute d’essayer de m’auto convaincre du contraire …

L’acceptation de l’après K peut être évidemment physique mais pour moi elle est surtout morale….

Je suis en rage parce qu’à 29 ans, je serai toujours différente des gens de mon âge, je rêve de légèreté mais je ne sais plus être légère, parfois j’ai envie de tout et j’ai envie de rien, j’ai envie de vivre, ça oui , y a pas de doute, mais comment revivre correctement, sans appréhension, ni colère….?

Tant d’interrogations se bousculent dans ma tête , et la première est celle de me dire “mais t’as pas le droit d’aller mal, alors que tu voulais être là en vie, certains n’ont pas eu la chance de se poser tes questions alors STOP” … Mais quand je fais le bilan des pertes que j’ai laissé en route c’est dur…. c’est plus fort que moi…

Je ne suis pas en mega mood, certains craquent un bon coup, moi j’oscille , parce que j’ai développé cette auto conviction boostante, mais parfois c’est trop, c’est trop de me croire plus forte, c’est trop de prétendre “même pas mal” alors que mon cœur saigne encore à gros bouillons, c’est trop d’être différente, c’est dur de ne pas coller à un moule prédéfini que la société impose…

C’est trop d’avoir 29 ans et d’appréhender que lors de ma prochaine sortie je devrais encore apprendre qu’une amie proche porte un enfant, je n’en veux à personne , mais je n’arrive pas à feindre la joie, je suis toujours renvoyée à ma “condition”, mon vide intérieur qui hurle sa douleur, j’en veux à mon corps de m’avoir fait cette Vacherie…. J’en veux à cette M… de K de m’avoir privé de mon rêve…. J’en veux à ma vie de ne pas pouvoir être simple …

Et puis, j’en ai assez de rythmer mes sorties en fonction de mes caprices intestinaux liés à mes 6 chirurgies mutilantes (dont 3 laparotomies qui n’arrangent rien), à cette stomie qui aura tout déréglé, à ces 36 chimios qui bousillent aussi les intestins, disons que ça ne m’aide pas à rendre mes réflexions légères, ce foutu problème de transit (n’ayons pas peur des mots / maux)…

Ne plus bouffer de légumes c’est méga chiant, ça me manque, avoir peur d’aller diner chez des amis au risque que le menu ne soit pas adapté à l’ex cancéreuse c’est hypra handicapant pour se réadapter au moule social; appréhender si les toilettes sont propres partout ou je vais, rythmer mes sorties en fonction de ce “détail” ce n’est pas ce qu’on appelle une vie normale, surtout quand on est aussi pudique que je le suis …

Les problèmes de ce type on n’en parle pas quand on est une fille de bonne famille, qui se veut digne et “élégante”, mais c’est pourtant ma nouvelle vie ça aussi, l’accepter avec “légèreté” & raffinement j’ai pas encore trouvé la clé ….

Etre différente à 29 ans, c’est aussi d’etre ménopausée et de ne pouvoir s’en plaindre qu’a des femmes de 25 ans son ainé parce qu’heureusement mes amies ne vivent pas ça !

C’est agaçant ce manque de légèreté, ça force parfois à s’isoler.. Et puis, à toujours vouloir donner un sens à tout, alors que dans le fond j’aimerais savourer l’instant présent et regagner de l’insouciance.

Mais quand l’insouciance s’envole, elle ne revient pas ? si ?

Je dois me re-aimer, parce que je ne tolère pas que mon corps m’ait fait ça !

Je dois lâcher prise, parce que ça me manque beaucoup de ne pas me soucier de ce que je vais pouvoir faire dans la minute qui suit, je veux tout maitriser, parce que mon corps m’a empêché de maitriser l’invasion, je dois maitriser le maitrisable, mais j’en envie de lâcher du lest, me laisser bercer, virevolter, savourer . Parler de fringues avec mes copines, rire de la dernière coiffure de Rihanna … Je veux vivre avec “importance” mais avec des pointes de souffles futiles, la futilité c’est essentiel pour se sentir vivre ….

Seul le temps qui passe panse les plaies n’est ce pas, mais combien de temps faut il ? Pour que la douleur s’échappe, combien de temps faut il pour abdiquer face à l’insupportable , ne pas pouvoir être Maman par moi même un jour ..? On peut accepter ça ?

J’aimerais tellement abdiquer , je suis en quête de rendre ma vie plus belle, mais peut être qu’il ne suffit pas de se l’assener mais juste de se laisser bercer par les minutes sans se soucier de la suite; mais après un cancer est ce possible ?

Je ne m’aime plus (pour peu que je me sois déjà aimée), mais la seule chose positive c’est que je n’ai jamais été complexée, donc c’est au moins ça de gagné, ma cicatrice en ligne droite de 33 cm en vertical sur le ventre je m’en fous, je vis avec c’est pas grave. Ce qui me mine, c’est mon cerveau qui réfléchit trop , je ne regarde jamais en arrière mais trop en avant et en fait je me fais peur toute seule, et si je regardais maintenant, tout simplement 🙂

Comment voulez vous que j’apprenne à ré accepter les compromis, les contraintes, alors que cette maladie m’a offert sur un plateau d’or massif les pires contraintes possibles.

Je ne sais et ne veux plus me forcer en rien, sauf pour ceux et ce qui en valent la peine. (Grosse inaptitude à la vie collective et politique en perspective … oups)

Mister K tu as changé ma vie …. pour le meilleur et aussi un peu beaucoup pour le pire, soyons honnêtes…

Je ferai pourtant de ton intrusion & des dommages que tu as créé: ma force , mon atout pour avancer, car tes morsures d’une brutalité inouïe m’ont apprises une chose, c’est que je ne te laisserai jamais gagner, je n’en ai pas le droit !

Tu verras, tout va changer ça prendra le temps qu’il faut, mais je vais te mettre la plus grosse raclée de ta vie dans ma nouvelle vie toujours en chantier, mais cette vie va être dingue à en faire pâlir ta sale tronche !

Je n’ai plus envie de pleurer, je veux rire, chanter, danser, je veux en profiter juste & bien, profiter et en faire profiter ceux que j’aime tant, donnez moi juste quelques longues secondes pour remettre de l’ordre, et je vous le rendrais au centuple ! Je veux vivre pour de vrai en fait, profiter de la minute qui passe …

La liste des atouts de combat pour enfin KIFFER (j’adore les listes, hihi, c’est la “control freak” que je suis qui s’exprime) :

1/Tenter jour après jour d’accepter / abdiquer face à l’intolérable

Moi mes dommages ne se voient pas mais ma tête souffre pourtant des pertes que j’ai laissé pendant la guerre

C’est juste cette foutu cicatrice en plein milieu de mon ventre qui me rappelle ce qu’il manque à l’intérieur, ça aide pas à zapper mais ça va le faire …

2/Ne pas oublier que malgré tout je suis féminine , je suis une femme ! Girl power !

Me forcer à prendre le temps chaque matin de me regarder dans la glace, en face , à nue , et apprendre à réaimer mon corps en lui pardonnant, amen !

3/Je dois :

  1. Accepter ma difference / et en faire un atout , comme le dirait cette citation que j’adore de René Char : “Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront.”
  2. Accepter que ma vie et mes projets se fassent autrement
  3. Accepter de voir la vie autrement
  4. Accepter d’être heureuse autrement, écrire de nouveaux instants de bonheurs essentiels
  5. Ecrire un nouveau conte de fée
  6. Pardonner à mon corps de m’avoir fait ce sale coup

Comme le diraient mes amies créatrice de Même et bien moi: “même ex malade je m’aime “ et on va m’aimer, c’est ma nouvelle marque de fabrique, ma force et non plus ma faiblesse , et on va m’aimer comme ça !!

Foncer, oui ! Mais parfois en me retournant et en regardant le chemin parcouru , pour me dire j’ai déjà réussi plein de choses depuis ce flot de M…..

Me dire chaque matin je m’aime car je dois m’aimer pour aimer les autres

je vis car je me suis battue pour cette vie comme un chien !

ET last but not least : préparer un saut en parachute : avec parachute (c’est mieux) + un moniteur militaire (c’est plus rassurant), car je crois que ce sera le plus beau symbole pour me réapprendre à lâcher prise et à refaire confiance, bah oui si ma vie dépend d”un autre mec (ce charmant moniteur expert), en faisant le grand saut , je crois qu’après ça j’aurais plus trop le choix pour lâcher prise pour de vrai 😉 !!!

Comme le dirais le sage P. <3 : c’est plus facile de se morfondre tous les jours dans sa douleur, que de se forcer tous les jours à etre heureux , alors maintenant move on, chuis Presque prête le Bonheur va & doit me / nous tendre les bras !!

Belle journée

Keep strong, positive & keep smiling (almost) everyday , une K fighteuse m’a récemment soufflé ces mots !!

Charlotte

2 réponses
  1. Françoise Orvoine
    Françoise Orvoine dit :

    Courage Charlotte! Je suis passée par là il y a bientôt 10 ans, à 49 ans : cancer des ovaires avancé (stade 3C, après ça il n’y a que 4A et B), opération de 9 h, coups de bistouri dans les intestins, l’uretère et le bas des poumons. Trois semaines d’hospitalisation, chimio, perte de cheveux, éclaircissement des sourcils. La chimio transforme entre autres le visage et c’est dur quand des gens ne vous reconnaissent pas. Mon truc : je n’ai vraiment pas le temps de m’attarder sur ça parce que j’ai mon travail de traductrice, ma rocaille, mon jardin d’herbes et le boisé qui ont besoin de soins et d’une présence, et mes autres passe-temps. Au Canada, il existe un programme Belle et bien dans sa peau qui offre précisément des coffrets-beauté gratuits aux femmes atteintes du cancer. La formule : une rencontre organisée par l’organisme en lien avec l’hôpital et un coffret plein de produits de beauté pour donner envie de s’occuper de soi.

    Amitiés,

    Françoise

    • charlotte
      charlotte dit :

      Chère Françoise
      merci pour votre message 🙂 nos histoires sont très très (trop) proches
      fantastique pour Belle & Bien dans sa peau quelle belle initiative … j’aurais tant aimé qu’on m’offre ça à l’hopital
      d’ou mon idée de kits 😉
      @ très bientot
      Belle soirée
      Charlotte

      @ très vite

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